Le Pitch
Alexandre, 30 ans, quitte Paris et ses angoisses climatiques pour traverser la France en van.
Ce n'est pas un film sur le climat, c'est un film sur la survie de nos âmes. De la Défense aux forêts du Morvan, des côtes de l'Atlantique aux plateaux du Vercors, il ne part plus confronter les "sachants", mais rencontrer ceux qui vivent l'effondrement dans leur chair. Il pose une question brutale : "Puisque tout s'effondre, qu'est-ce qui mérite encore d'être vécu ?"
L'Urgence du Récit
Je ne veux pas faire un film pour dire que la banquise fond. Tout le monde le sait, et tout le monde détourne le regard car la vérité est insupportable.
Je suis né dans les Ardennes Belges, au milieu des arbres. J'ai cru à ce que mon père me disait : "Le monde t'appartient". Aujourd'hui, je vis à Paris, encerclé par le béton, et je réalise que ce monde se meurt. À 30 ans, je suis paralysé par l'ampleur du désastre. Mon inaction me rend malade.
Ce film est ma tentative de guérison. C'est un road-movie viscéral. Je fuis Paris pour traverser la France par la "Diagonale du Vide". Je vais voir ceux qui ont déjà accepté l'effondrement et qui construisent sur les ruines.
Hier : L'Émerveillement
Archives Personnelles (1995-2005)
"L'image tremble. Le grain de la pellicule est chaud, saturé de jaunes et de verts. Je cours dans les hautes herbes des Ardennes. Mon père me tient la main, il pointe la cime des arbres, me montrant un épervier nichant. Il se baigne avec moi dans la rivière et me montre les libellules. Il me montre toutes les histoires invisibles qui se déroulent devant mes yeux émerveillés. De la vie qui se cache partout autour de nous. Il n'y a pas de peur dans mes yeux, juste la certitude que demain sera aussi radieux qu'aujourd'hui. C'était une promesse. J'y ai cru."
Aujourd'hui : La Douche Froide
Aujourd'hui, je ne cours plus dans les champs, je suis déprimé. Mon regard s'est éteint, je ne regarde plus en l'air autour de moi. Je lis des rapports du GIEC en 4K dans le métro parisien. L'image est nette, chirurgicale, froide. Elle ne pardonne rien.
Comment croire en demain quand la science nous promet l'enfer ? La trahison est là : entre la chaleur de mes souvenirs d'enfance et la froideur des graphiques qui annoncent la fin de ce monde. Ce film est le choc frontal entre ces deux matières visuelles. Je veux confronter la nostalgie de l'espoir à la violence du réel.
La Cartographie du Voyage
Trajet estimé : 3 500 km sur 4 sessions de tournage.
Séquencier Détaillé
Le parcours résumé en 6 étapes clés, basées sur la confrontation entre le passé rêvé et le présent réel.
La Paralysie
LE MONDE SYNTHÉTIQUE
L'Action : Je suis dans mon appartement parisien, enfermé, scotché à mon écran. Je génère des images nostalgiques par IA, des images mortes. Je sors filmer la Défense. Je suis un alien au milieu de la foule connectée. Le "Doomscrolling" des nouvelles climatiques m'étouffe.
Le Deuil
LE CIMETIÈRE À CIEL OUVERT
L'Action : Je cherche la "Forteresse Verte" de mon enfance. Je trouve une coupe rase. Un paysage lunaire, violenté. Je rencontre Élise, une silhouette solitaire qui plante des glands dans la boue.
Sur la Route : L'Enlisement
La pluie redouble. Je roule vers l'Ouest, vers le lieu de tous les fantasmes médiatiques : la ZAD. Mon van s'enlise dans un chemin de traverse. Je suis bloqué dans la boue, furieux, impuissant avec mes mocassins de parisien.
La Résistance (Le Corps)
LA BOUE ET L'EFFORT
L'Action : Je tombe sur un chantier de charpente titanesque. K, un activiste charpentier, me met au défi : filmer ou tirer la corde. Je pose la caméra. Je tire. L'effort physique violent anesthésie mon angoisse mentale.
Le Souffle (La Pause)
LAVEMENT ET PIVOT
L'Action : Après la boue, l'eau claire. Je me lave dans la rivière. Je fais des ricochets comme dans mon souvenir d'enfance. Je réalise que la colère est un carburant qui brûle, mais qu'on ne peut pas bâtir une vie entière "contre".
L'Apprentissage
L'ÉCOLE DU VIVANT
L'Action : Je rencontre Sarah, qui enseigne dehors, et surtout Gaspard, 10 ans. Il m'humilie socratiquement en m'expliquant le compost. Je réalise que je suis un analphabète du vivant. Ils m'apprennent à nommer le monde pour pouvoir l'aimer.
La Tribu (L'Ancrage)
LA JOIE DE RÉSISTANCE
L'Action : L'ascension finale. Je rencontre Jeanne qui remonte un mur de pierres sèches pour retenir la terre, et Thomas qui cuit du pain noir. Le soir, un repas face au vide. Je passe de l'autre côté de la caméra pour m'asseoir avec eux.
L'Univers Visuel
Archives Super 8 • Lumière Naturelle • Immersion
Les Voix du Film
Note de Production
Le traitement narratif a évolué pour se recentrer exclusivement sur les "Anonymes", ceux qui incarnent la réalité du terrain loin des plateaux télé. Il n'y a plus de figures médiatiques ou de "sachants". La parole est laissée à ceux qui font.
1. Le Deuil & La Rage
Élise
Herboriste solitaire (Morvan). Elle incarne le soin et le deuil face au désastre.
"K"
Charpentier activiste (ZAD). Il incarne la résistance physique et la rage constructive.
2. L'Apprentissage
Sarah
Enseignante (Arles). Elle transmet le lien au vivant plutôt que l'angoisse.
Gaspard
Écolier, 10 ans. Le petit "maître" du compost. Il incarne l'avenir lucide mais actif.
3. La Tribu
Jeanne
Bâtisseuse (Vercors). Elle répare les murs pour retenir la terre. La patience minérale.
Thomas
Boulanger paysan. Il nourrit la communauté. Il incarne le lien vital et la joie de résistance.
La Grammaire du Film
L'Image : Le Choc des Formats
L'esthétique du film repose sur la confrontation de deux textures temporelles.
- Le Passé (Super 8) : Chaleureux, imparfait, organique. Ces images d'archives personnelles viendront "hacker" le film par flashs, comme des souvenirs qui remontent à la surface. C'est le monde perdu.
- Le Présent (Numérique 4K) : Froid, précis, anamorphique. C'est le regard de l'adulte désabusé.
- La Synthèse (Fin du film) : Une image à l'épaule, vivante, en lumière naturelle dorée. On retrouve la chaleur de la pellicule mais dans le présent.
Le Son : Du Bruit au Silence
Le design sonore est un narrateur à part entière.
- Début : Saturation urbaine. Notifications, sirènes, infrabasses du métro. La voix-off est étouffée, anxieuse.
- Milieu : Le bruit du moteur du van comme un mantra hypnotique.
- Fin : Le silence pur du Vercors. Le vent, le feu. La voix-off s'ouvre. On passe d'un son stéréo étriqué à un surround 5.1 immersif.
L'Auteur : Double Casquette
Alexandre Mottart
Réalisateur & Chef Opérateur
Autodidacte acharné, Alexandre a forcé les portes du cinéma sans passer par la voie royale. Cinéaste "total", il cadre, éclaire et monte ses propres images, une maîtrise technique qui sert une sensibilité à fleur de peau.
Réalisation & Direction Photo
Court-métrage • Meilleur Réalisateur Belgique 2025
Film Climatique • Sélection Officielle Miami Film Festival
Fiction Écologiste • Finaliste National "Très Court Film"
Devant la Caméra
Savoir être devant l'objectif est indispensable pour ce projet. Je ne suis pas un journaliste neutre, je suis un personnage qui vit l'effondrement. Mon expérience de jeu me permet d'incarner cette vulnérabilité sans artifice et sans pudeur.
Voir Bande Démo- Maîtrise de la double posture : Réalisateur / Sujet.
Le Noyau Créatif
Une équipe légère, agile, construite pour l'immersion.
Alice Duphot
Journaliste d'Investigation & Caméra B
Alice est le cerveau journalistique du projet. Elle prépare le terrain, déniche les interlocuteurs et s'assure que le fond reste inattaquable.
Rôle Clé : Sur le terrain, elle capture les moments essentiels (voyage, introspection, rencontres, coulisses) ainsi que les interviews. Elle s'occupe du dérushage entre chaque mois de tournage pour pré-monter et orienter l'écriture en temps réel, garantissant que l'émotion ne se perd pas en route.
Olivier Escalon
Chef Monteur & Architecte Narratif
Monteur aguerri (notamment pour "Partager c'est Sympa" et plusieurs documentaires Nature), Olivier sait transformer des heures de rushes bruts en un récit poignant.
Rôle Clé : Il sera le regard extérieur permettant de tisser le fil du récit.
Timeline de Production
Pré-production & Financement
Finalisation des dossiers, repérages, écriture voix-off V1.
Tournage "En Rebond"
4 semaines de tournage réparties sur 4 mois.
Cette temporalité étalée permet au documentaire de s'adapter, de digérer les rencontres et de réorienter l'enquête en fonction du réel, sans s'épuiser.
Post-Production
Montage image, montage son, mixage, habillage, étalonnage.
Livraison & Impact
Festivals classe A, projections débats et sortie salle/numérique.
Stratégie de Financement & Diffusion
France
- • CNC (Aide sélective)
- • Fonds Régionaux (Soutien logistique & financier des régions traversées)
- • Mécénat écologique français
Belgique (co-production envisagée)
- • Tax Shelter (Levier fiscal)
- • Wallimage / Centre du Cinéma (FWB)
Diffusion & Impact
- • ARTE / France TV (Pré-achats)
- • Crowdfunding (Communauté engagée)
- • Partenariats marques (Patagonia, Picture...)
Budget Prévisionnel
Viabilité & Ambition Cinéma
* La colonne "Viabilité" représente le seuil minimum pour fabriquer le film en mode guerilla. La colonne "Cible" représente le budget standard pour une diffusion TV/Salle avec rémunération normale des équipes.
"Le monde d'avant est mort. Celui d'après reste à faire.
Entre les deux, il y a la vie. Furieuse."
Production & Contact
© 2026 Alexandre Mottart • Dossier confidentiel